Aux Menuires, le prix moyen au mètre carré atteint 6 850 € au 1er janvier 2026, soit environ 30 % de plus que la moyenne des stations françaises (5 245 €/m²). Le rendement brut affiché en location courte durée se situe entre 5,5 et 7,5 %. Ces deux chiffres posent une question concrète : à ce niveau de prix, la location saisonnière couvre-t-elle encore les charges, la fiscalité et le risque de vacance concentré sur quelques semaines par an ?
Prix au mètre carré et rendement brut : Les Menuires face aux autres stations
Le positionnement tarifaire des Menuires se comprend mieux par comparaison directe. Le tableau ci-dessous met en regard les données disponibles pour plusieurs stations du domaine des 3 Vallées et au-delà.
| Station | Prix moyen au m² | Rendement brut estimé | Altitude |
|---|---|---|---|
| Les Menuires | 4 000 à 5 500 € (ancien) / 6 850 € (moyenne 2026) | 5,5 à 7,5 % | 1 850 m |
| Val Thorens | 10 000 à 13 000 € | 4 à 5 % | 2 300 m |
| Courchevel 1850 | 18 000 à 25 000 € | 2,5 à 3 % | 1 850 m |
| Saint-Lary / Vars | 3 200 à 3 500 € | Plus de 8 % | Variable |
Les Menuires occupent un créneau intermédiaire. Le prix d’entrée reste nettement inférieur à Val Thorens ou Courchevel, tout en donnant accès au domaine skiable des 3 Vallées. En revanche, des stations comme Saint-Lary ou Vars affichent un ticket d’entrée plus bas et un rendement brut supérieur.
Le rendement brut ne dit rien des charges réelles. C’est la marge nette après gestion locative, fiscalité et entretien qui tranche.

Saisonnalité aux Menuires : le calcul repose sur 16 à 18 semaines
La saison locative exploitable en station de ski tourne autour de 16 à 18 semaines. Ce chiffre inclut la haute saison hivernale (vacances de Noël, février, Pâques) et quelques semaines d’intersaison où le remplissage chute.
Un appartement aux Menuires génère la quasi-totalité de ses revenus locatifs sur cette fenêtre. Deux semaines mal remplies en février, et le revenu annuel recule de façon visible. La concentration du chiffre d’affaires sur les vacances scolaires françaises crée une dépendance directe au calendrier scolaire et à l’enneigement.
Ce que la saisonnalité change au calcul
Un rendement brut de 5,5 à 7,5 % suppose un taux de remplissage élevé sur ces semaines clés. Pour un appartement acheté à 6 850 €/m², un studio de 25 m² représente un investissement d’environ 170 000 €. Le loyer hebdomadaire doit couvrir non seulement le crédit, mais aussi les charges de copropriété (souvent élevées en résidence de tourisme), la taxe foncière et les frais de gestion si vous déléguez.
Un mauvais remplissage sur trois semaines de haute saison peut faire basculer le rendement net sous les 3 %. La marge d’erreur est mince.
Loi Le Meur et réglementation locale : ce qui pèse sur la location courte durée en 2026
La loi du 19 novembre 2024 (dite loi Le Meur) a introduit plusieurs mécanismes qui modifient directement le calcul d’un investisseur aux Menuires.
- Déclaration obligatoire via un téléservice national unique, applicable au plus tard le 20 mai 2026 pour tout meublé de tourisme, résidence principale ou non.
- Les communes peuvent désormais abaisser à 90 jours par an la durée maximale de location d’une résidence principale en meublé de tourisme, contre 120 jours auparavant.
- Les abattements fiscaux applicables aux meublés de tourisme ont été révisés à la baisse pour les revenus 2025, ce qui réduit l’avantage fiscal historique du statut LMNP en station.
Pour un achat « mixte » (résidence secondaire avec location saisonnière une partie de l’année), la capacité de la commune à restreindre la durée de location devient un paramètre à vérifier avant toute signature. À Chamonix, par exemple, les autorisations de changement d’usage sont déjà limitées à un seul bien par propriétaire. Aux Menuires, la situation réglementaire locale mérite une vérification directe auprès de la mairie de Saint-Martin-de-Belleville.

Gestion locative en station : le poste que beaucoup sous-estiment
Gérer un appartement en location courte durée à distance suppose soit une conciergerie locale, soit une agence spécialisée. Les frais de gestion locative en station tournent généralement autour de 20 à 25 % du chiffre d’affaires brut, parfois davantage si le service inclut le ménage, la remise des clés et la maintenance.
Ce poste réduit mécaniquement le rendement net. Sur un revenu locatif brut annuel correct, la gestion déléguée absorbe un quart du chiffre d’affaires avant même de compter la fiscalité.
L’alternative de l’autogestion
Certains propriétaires choisissent de gérer eux-mêmes via les plateformes. Le gain sur les frais de gestion est réel, mais le temps investi (annonces, communication voyageurs, coordination ménage, gestion des litiges) reste conséquent, surtout à distance. Pour un bien situé à plusieurs heures de route, l’autogestion complète reste difficile à tenir sur plusieurs saisons.
Menuires immobilier en 2026 : les variables qui font pencher le calcul
Le rendement brut affiché ne suffit pas à qualifier un « bon calcul ». Plusieurs variables déterminent si l’opération est viable sur cinq à dix ans :
- Le prix d’acquisition réel (frais de notaire, travaux éventuels, mobilier) par rapport au prix moyen de 6 850 €/m².
- Le taux de remplissage effectif sur les 16 à 18 semaines de saison, qui dépend de l’emplacement précis (pied de piste ou pas), de la capacité du logement et de la qualité des équipements.
- L’évolution réglementaire locale : si la commune durcit les conditions de location courte durée, le modèle économique peut se dégrader sans possibilité de compensation.
- Le coût du crédit immobilier, stabilisé en 2026 mais dont l’évolution à moyen terme reste incertaine.
Un appartement bien placé aux Menuires, acheté en dessous du prix moyen, avec un remplissage maîtrisé sur la haute saison, peut encore dégager un rendement net acceptable. Le calcul tient à condition de ne pas surévaluer le remplissage ni sous-estimer les charges. Pour un achat au-dessus de 6 000 €/m² avec gestion déléguée et fiscalité LMNP révisée, la marge nette se réduit à quelques points, ce qui laisse peu de place à l’imprévu.

