Un chiffre, un comportement, toute une facture qui bascule : le bonus-malus n’a rien d’anecdotique pour les automobilistes. Derrière ce système, chaque accélération, chaque freinage et chaque incident s’inscrit dans une équation qui pèse lourd sur votre portefeuille. Le coefficient de réduction-majoration, son nom officiel, ajuste le prix de votre assurance en fonction de votre historique au volant. Si vous voulez garder la main sur vos cotisations, mieux vaut comprendre comment s’articulent ces calculs et pourquoi chaque détail compte.
Qu’est-ce que le bonus-malus et comment fonctionne-t-il ?
Le bonus-malus, aussi appelé coefficient de réduction-majoration (CRM), est la boussole des assureurs pour adapter la prime d’assurance auto à vos années de conduite. Concrètement, ce coefficient évolue en fonction de votre comportement sur la route. Il n’est pas figé : il récompense la prudence, sanctionne la négligence.
Lors de votre première souscription à une assurance auto, le coefficient de départ est fixé à 1. Ensuite, chaque année passée sans causer d’accident responsable vous rapproche du bonus : votre coefficient baisse, et avec lui, le montant de votre prime. À l’inverse, provoquer un accident, responsable ou partiellement responsable, fait grimper le coefficient. La note se corse alors, car plus le coefficient est haut, plus la prime d’assurance s’alourdit.
Voici comment évolue ce coefficient selon votre comportement :
- Un coefficient de 0,50 est la meilleure performance possible, atteinte après 13 ans consécutifs sans accident responsable.
- Un accident responsable gonfle le coefficient de 25 %.
- Un accident partiellement responsable l’augmente de 12,5 %.
Ce calcul intervient à chaque échéance annuelle de votre contrat d’assurance, sur la base des sinistres déclarés pendant les douze derniers mois. Toutes ces informations figurent dans le relevé d’informations d’assurance auto, document remis par votre assureur. Les jeunes conducteurs, considérés comme plus risqués, subissent souvent une surprime dès le départ. Heureusement, le système leur permet de voir leur coefficient baisser rapidement s’ils enchaînent deux ans sans accroc, ce qui valorise une conduite responsable dès les débuts.
Comment calculer votre coefficient bonus-malus ?
Le calcul du coefficient bonus-malus répond à une démarche précise, centrée sur votre historique de sinistres responsables sur l’année écoulée (avec un décalage de deux mois par rapport à la date anniversaire du contrat). Chaque période sans incident responsable diminue le coefficient de 5 %. À l’inverse, chaque sinistre responsable l’augmente de 25 %.
Pour vous y retrouver, voici la démarche à suivre :
- Consultez votre coefficient actuel sur votre relevé d’informations d’assurance auto.
- Si vous n’avez pas causé de sinistre responsable, multipliez ce coefficient par 0,95 pour calculer la réduction à venir.
- En cas de sinistre responsable, multipliez-le par 1,25 pour chaque accident déclaré.
Pour mieux visualiser l’impact sur votre coefficient, ce tableau synthétise les scénarios possibles :
| État | Variation du coefficient |
|---|---|
| Aucun sinistre responsable | Coefficient x 0,95 |
| Un sinistre responsable | Coefficient x 1,25 |
| Deux sinistres responsables | Coefficient x 1,25 x 1,25 |
Le système se montre plutôt souple, surtout pour les jeunes conducteurs : s’ils évitent les sinistres, leur coefficient descend rapidement. Pour faciliter le suivi, les assureurs doivent fournir le relevé d’informations sur demande, ce qui vous permet d’ajuster facilement la gestion de votre contrat d’assurance auto.
Comment améliorer votre coefficient bonus-malus après un sinistre ?
Après un sinistre, rien n’est figé. Il est possible d’inverser la tendance et d’améliorer son coefficient bonus-malus. Le principal levier : adopter une conduite irréprochable pour réduire le risque de nouveaux accidents. Chaque année sans sinistre responsable fait diminuer le coefficient de 5 %.
Stratégies pour réduire votre coefficient
Voici des pistes concrètes pour retrouver un meilleur coefficient après un accident :
- Adoptez une conduite défensive : respectez scrupuleusement les règles de circulation, soyez attentif à l’environnement et anticipez les réactions des autres usagers pour limiter les prises de risque.
- Suivez des formations de conduite : certaines compagnies proposent des stages de prévention routière. Ces formations renforcent vos réflexes et prouvent à votre assureur votre engagement en faveur de la sécurité.
- Choisissez un véhicule moins puissant : opter pour une voiture à la puissance modérée diminue la probabilité d’accidents graves, ce que les assureurs prennent souvent en compte dans le calcul de votre prime.
La descente rapide du bonus-malus
La règle de la descente rapide permet de faire baisser son coefficient plus vite après un accident. Deux années consécutives sans incident responsable suffisent parfois à alléger nettement la prime, bien plus rapidement que le barème standard. Ce mécanisme vise à encourager la prudence sur la durée, même après une période difficile.
Impact des accidents partiellement responsables
Un accident où la responsabilité est partagée impacte moins sévèrement votre coefficient bonus-malus qu’un accident entièrement à votre charge. Le coefficient grimpe alors plus modérément, limitant la hausse de votre prime d’assurance. Conserver une conduite soignée et s’engager à progresser reste la meilleure façon de minimiser durablement le coût de votre assurance auto.
En filigrane, chaque choix derrière le volant se traduit par un chiffre sur votre relevé d’assurance. Anticiper, apprendre, s’améliorer : c’est la meilleure route à emprunter pour garder la maîtrise de ses cotisations, année après année.


